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 I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]

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Suède
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MessageSujet: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   17/8/2014, 16:19

I am the changing fate

feat. Leah A. Huxley


Sir, when a man is tired of London, he is tired of life; for there is in London all that life can afford.
— Samuel Johnson



Berwald descendit du bateau, son sac par-dessus son épaule, et releva un instant la tête pour trouver son chemin dans l'immense port de Londres. L'endroit grouillait, dans un brouahaha indescriptible qui faisait siffler les oreilles et désorientait les sens. On y déchargeait de lourdes caisses au contenu mystérieux, probablement des épices ou des étoffes orientales. Les hommes utilisaient de lourdes machines qui crachaient une vapeur sale afin d'acheminer tout ce chargement au marché de la ville.

Il se mêlait dans l'air un parfum de senteurs exotiques, de vanille des îles et d'orchidées aux couleurs chatoyantes, et des odeurs de poisson tout frais de la pêche du jour. Certains tressautaient encore dans les filets des pêcheurs. Le port était divisé en deux étages ; en haut s'arrimaient les navires de transport d'hommes et de marchandises, en bas les embarcations de pêcheurs. Le tout était relié par un système d'escaliers et d'ascenseurs actionnés par des mécanismes complexes.

Ne se perdant pas plus dans la contemplation du lieu, Suède remonta son sac sur son épaule et s'engagea sur une passerelle qui le menait tout droit vers le centre de Londres. À vrai dire, il était encore un peu hésitant et ne savait même pas s'il aurait "l'honneur" d'être reçu par l'Empereur. Cependant il avait pris la décision de se rendre au Palais Impérial : tout partait de là.

Il avançait à pas rapides, ses lourdes bottes serties de métal avalant le pavé avec assurance. Il avait peu d'argent sur lui et refusait les services des conducteurs qui l'alpaguaient tous les dix mètres. Il soupira imperceptiblement et pressa le pas. Le Suédois était visiblement épuisé et des cernes violacés soulignaient son regard patibulaire. Les gens s'écartaient sur son passage et il pouvait même entendre quelques murmures accusateurs ou effrayés.

Au bout d'un moment de marche, il arriva enfin devant le Palais, qui imposait sa lourde structure blanche à l'oeil du visiteur. Il y régnait une atmosphère unique, qu'on ne retrouvait nulle part ailleurs : quelque chose qui inspirait la crainte et le respect, comme si le bâtiment lui-même se sentait chargé d'une mission de commandement. Berwald sentit la chaire de poule lui parcourir les avant-bras, mais il ignora ce pressentiment et se tint devant les immenses portes perçant le ciel gris.

S'il ne pouvait pas parler à l'Empereur, il trouverait bien quelqu'un pour l'écouter.


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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   30/8/2014, 14:45





















I am the changing fate
"Lift up your head princess, if not, the crown falls..."




Il régnait une atmosphère paisible dans la bibliothèque du palais impérial ce jour-là. Leah était tranquillement assise dans un fauteuil au bord de la fenêtre, mais ce n’était pas le ciel gris de Londres qui retenait son attention. C’était le livre qu’elle tenait fermement qui obtenait pour l’instant ses préférences ; plongée dans une aventure rocambolesque et surréaliste, la Princesse de l’Empire voyageait par monts et par vaux à travers l’encre, oubliant durant quelques instants - qui lui étaient précieux - qui elle était réellement et ce qui pouvait bien se passer au-dehors.

Il lui arrivait de rester la journée entière ainsi, voire jusqu’à une heure avancée de la nuit, une couverture sur les genoux, notamment en hiver, où les flocons s’acharnaient sur les carreaux pendant qu’elle était confortablement lovée sur des coussins près du feu.
Elle mesurait sa chance, dans ces moments-là. Un peu.

Un long moment plus tard, elle referma le livre avec un soupir, l’aventure prenant fin dans un dénouement plus que prévisible. Dommage, pour un livre qui avait si bien commencé…
Elle se leva, fit disparaître les quelques plis de sa tenue, et reposa le livre à sa place initiale. Elle arpenta encore un peu les rayonnages, ses talons claquant en un rythme régulier alors qu’elle avançait dans un dernier espoir de trouver la perle rare, l’ouvrage qui la maintiendrait en haleine, celui qu’elle relirait sans cesse, les soirs où elle aurait trop peur de s’endormir, les soirs où elle n’aurait pas le courage de faire face à une nouvelle série de cauchemars accompagnés de migraines au réveil.
Mais elle ne trouva point d’écrits correspondant à cette idée, et, frustrée, elle retourna s’asseoir sur son fauteuil, les mains vides mais l’esprit bien encombré.

C’est alors qu’un détail attira son attention à travers la fenêtre, qui, pour une fois, laissait apparaître quelque chose de bien plus intéressant qu’un simple ciel gris.
Un discret sourire étira ses lèvres alors qu’elle observait la scène au-dehors.

- ...Voilà un bien étrange visiteur, murmura-t-elle, pensive.

Quelque chose à propos de l’aura de l’homme était différent - mais à cette distance, elle ne pouvait pas vraiment identifier quoi.
Prise d’un élan d’énergie, elle quitta le confortable fauteuil, et commença à cheminer jusqu’à l’entrée du palais.
Son frère et Svitlana étaient sûrement bien trop occupés, comme toujours. Il était temps pour elle d’user de ses privilèges et d’assumer ses responsabilités de de Princesse de l’Empire.

Arrivée à l’entrée de l’immense bâtisse, elle s’avança jusqu’aux gardes qui barraient la route à l’homme.

- Laissez-le. Je le recevrai, fit-elle d’un ton qui n’acceptait aucune réplique alors qu’elle jaugeait le blond du regard.

...Nation ? Comme c’est curieux.

D’un signe de main, elle ordonna aux gardes de s’écarter, et invita le voyageur à la suivre, avec un sourire cordial.
Après tout, s’il venait se rendre, ce qui l’attendait ne serait pas très agréable, alors un doux sourire ne ferait de mal à personne, n’est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   20/10/2014, 18:47

I am the changing fate

feat. Leah A. Huxley


In order to rise from its own ashes, a phœnix first must burn.
— Octavia E. Butler



Droit dans ses bottes, le Scandinave toisait les gardes avec indifférence. S'il l'avait voulu, un simple revers de main et tous ces pauvres garçons tomberaient à terre comme des brins d'herbe qui se plient sous le vent. Mais il n'était pas là pour ça, ce n'était pas le moment de causer un tel scandale. L'appel de la guerre ne résonnait plus dans ses oreilles depuis longtemps ; peut-être devenait-il trop sage, ou trop vieux pour ces choses-là.

Il ne savait pas quoi dire. "Je souhaite voir l'Empereur" semblait prétentieux et de toute manière, le grand Evander Abaddon Huxley devait certainement avoir mieux à faire que d'écouter une pauvre nation qui n'était ni la plus grande, ni la plus influente du monde, ou même de l'Europe. Berwald grinça légèrement des dents, et s'apprêtait à lâcher quelques mots, lorsqu'une figure fine écarta les gardes, en leur donnant des ordres d'une voix douce mais sérieuse.

C'était donc elle, la princesse. Elle le regardait de ses yeux d'un bleu intense, un bleu comme les glaces du Nord, un bleu comme les ciels d'été. Était-elle aussi inflexible que son frère ? Il aurait été aisé d'en douter, mais il était également si facile de se complaire dans ces traits si délicats et cette attitude si mesurée, qui pouvait n'être qu'un simple masque.

Elle lui décocha un sourire poli, qui dissimulait à peine une curiosité face à sa venue impromptue. Suède s'engagea sur les pas de la princesse, et, à son grand étonnement, se sentait presque pataud, avec son lourd manteau et ses bottes cerclées de métal sur sa grande silhouette. Leah était fine, presque frêle, elle ressemblait aux ljósálfar des vieilles histoires.

Il entra dans le Palais avec une certaine méfiance ; il ne se sentait plus à sa place dans les bâtiments officiels depuis longtemps, d'autant plus quand ceux-ci étaient aussi richement décorés d'or et de tapisseries luxueuses. Berwald ne fit aucun commentaire et remonta son sac sur son épaule. Il suivait toujours la princesse, muet.

Toutefois, une question lui trottait dans la tête, et elle franchit ses lèvres sans qu'il ne puisse y réfléchir.

- N'est-ce pas étrange donc que de recevoir une nation dans un Palais avec l'accueil que l'on accordait autrefois aux manants ?


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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   8/11/2014, 00:29





















I am the changing fate
Keep your feet on the ground / When your head's in the clouds




Leah pinça les lèvres, pensive. Elle se retourna furtivement pour vérifier que le nordique, qu’elle avait reconnu comme étant Suède, pour l’avoir déjà vu ne serait-ce que sur des photographies, était toujours sur ses talons, avant d’accélérer le pas.
Elle n’était plus si sûre de ce qu’elle faisait. Il aurait pu lui faire du mal. Elle était une cible facile, après tout ; elle ne possédait que peu de force physique et lui possédait une carrure de viking.

Elle le sentait tendu, et savait que son regard inspectait les lieux. Toutes les personnes ayant eu l’honneur d’être reçues par le gourvernement impérial, au sein même du palais, agissaient de la sorte - surtout les Nations.
Les talons de la jeune fille claquaient au sol et ce bruit régulier lui redonna doucement confiance. De toute manière, les gardes, certes assez loin pour ne pas l’indisposer, l’avaient en partie suivie, elle le savait bien. Le suédois était pris au piège et elle réalisa qu’il devait sûrement avoir peur.
La blonde l’avait bien remarqué ; il n’avait pas l’allure de quelqu’un qui était du côté de l’Empire. Elle fut d’autant plus intriguée quant à la raison de sa venue, perdue dans ses pensées, jusqu’à ce que Suède parle.

- N'est-ce pas étrange donc que de recevoir une nation dans un Palais avec l'accueil que l'on accordait autrefois aux manants ?

Elle s’arrêta net, et se retourna pour faire face à l’homme avec tout le dédain dont elle était capable, son ton aussi glacé que la contrée dont il venait, alors qu’elle plantait son regard dans le sien, perçant et intimidant, elle devait bien l’avouer.

- Que savez-vous des manants ? Jadis, ils n’étaient même pas tolérés dans l’enceinte du palais. Alors, je vous conseille fortement de ne pas faire de vagues et de vous estimer heureux que je daigne vous recevoir.

Elle baissa ensuite les yeux, se radoucissant, et ajouta plus bas, après quelques secondes de réflexion :

-....Dois-je vous rappeler que vous autres Nations êtes l’objet d’une traque ? Je ne crois pas. Alors ne prenez pas de risques outre mesure. Venir ici….n’était pas une brillante idée de votre part, M. Oxenstierna.

La princesse du Monde - qu’elle ne connaissait pas vraiment, au final - osa le regarder une fois de plus, une lueur désolée voilant quelques instants ses yeux bleus. Elle soupira discrètement, et reprit son chemin, indiquant au bout de quelques minutes à son invité qu’ils étaient arrivés.
Elle ouvrit la porte de la pièce, un petit salon, puis s’assit sur l’un des sofas, invitant silencieusement Suède à faire de même sur le sofa en face du sien, de l’autre coté d’une petite table.
Elle vit un garde refermer la porte derrière la Nation, après qu’elle lui eût accordé un rapide signe de tête. Le garde ne bougerait pas de son poste.

La jeune fille sourit.

- Très bien. Exposez-moi donc le motif de votre visite, Suède.



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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   6/12/2014, 22:35

I am the changing fate

feat. Leah A. Huxley


I'm the one that's got to die when it's time for me to die, so let me live my life the way I want to.
— Jimi Hendrix



Berwald n'avait rien dit en suivant Leah. Il l'avait écoutée parler, de ses mots de jeune fille ignorante. Il ne le pensait pas de manière péjorative ; elle était jeune, et il n'était même pas sûr qu'elle ait un jour franchi les frontières du Royaume-Uni. Les frontières, voilà un mot dont la définition était devenue bien floue. On prétendait qu'elles n'existaient plus, qu'elles n'étaient que de vagues souvenirs d'un passé révolu dont il ne vaut mieux pas se rappeler. Pourtant, le monde n'avait jamais été aussi divisé.

Il suivit la princesse jusque dans le salon et prit place sur le sofa. Les yeux baissés, les mains sur les genoux, il se sentait en décalage complet avec le décor bordé d'or fin et de joyaux étincelants.

- Très bien. Exposez-moi donc le motif de votre visite, Suède.

- J'aimerais savoir pourquoi.

Berwald leva les yeux et les ancra dans ceux de Leah.

- J'aimerais savoir pourquoi nous sommes traqués, et ce que vous comptez nous faire. Vous ne nous tuerez pas, vous savez. Ça ne marche pas comme ça. Nous ne pouvons pas mourir exécutés. Alors que comptez-vous faire ?

Il ne décrocha pas son regard des iris bleus de la jeune fille, avide de réponses, avide de comprendre. Il voulait savoir quelle logique se cachait derrière tout ces discours politiques, quelles étaient les idées enfouies dans cet esprit étrange qu'était celui de l'Empereur.

Peut-être le savait-elle. Après tout, elle était sa sœur.

Je veux savoir ce qui m'attend. Je veux savoir ce qui va m'arriver, à moi, à mon pays et à mon peuple. Je ne comprends pas. J'ai peur. Nous avons tous peur. Expliquez-vous. Justifiez-vous.

Il ne bougeait pas, assis sur le sofa, et n'avait pas pris la peine de poser ses affaires ou d'enlever son manteau. De toute manière il ne se sentait pas à l'aise et ne comptait pas rester longtemps.

- Vous devez sûrement avoir une excellente raison alors j'aimerais l'entendre. Que je puisse mourir en ayant la conscience tranquille.


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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   27/12/2014, 23:31





















 I am the changing fate
Is it right or is it wrong? I can't go on, you can't go on




- J'aimerais savoir pourquoi nous sommes traqués, et ce que vous comptez nous faire. Vous ne nous tuerez pas, vous savez. Ça ne marche pas comme ça. Nous ne pouvons pas mourir exécutés. Alors que comptez-vous faire ?

Le regard de l'homme mettait Leah mal à l'aise. Suède n'était déjà pas une personne très rassurante dans sa carrure et son aura, et l'ancien Viking aurait pu sans aucun souci la casser en deux si l'envie lui prenait, et ce à mains nues. Elle n'en doutait pas une seule seconde.
Mais ses yeux d'un bleu perçant semblaient pressants et la gorge de la blonde se serra, cherchant des mots qui ne voulaient pas venir.
La question de la Nation était plus que justifiée, et elle devait de plus avouer qu'elle était assez impressionnée qu'il ait osé venir la poser en personne, au Palais, à la Princesse de l'Empire - bien qu'elle n'était certainement que son second choix et que s'il avait pu, il aurait sûrement préféré parler à l'Empereur en personne.

Elle baissa le regard, se sentant soudain toute petite face aux grandes interrogations de l'homme.

La vérité était qu'elle-même ne savait pas vraiment. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. Elle ne savait pas vraiment comment non plus.
Les raisons officielles, telles qu'elle les avait toujours entendues de la bouche de son frère, étaient que les Nations étaient une barrière à la paix de l'Empire, de son Empire. Que les différences étaient sources de conflit et qu'anéantir les peuples eux-mêmes - car n'était-ce pas ce que ces êtres étaient, au final, un peuple en une personne ? - empêcherait de nouvelles guerres et de nouveaux massacres.
Elle ouvrit la bouche pour lui répondre cette même rengaine dont elle s'était à force persuadée et qu'il avait sans doute entendue des dizaines de fois de la part d'autres partisans de l'Empire, mais il la coupa.

- Vous devez sûrement avoir une excellente raison alors j'aimerais l'entendre. Que je puisse mourir en ayant la conscience tranquille.

La blonde passa une mèche derrière son oreille dans un geste nerveux, le voir si préparé à la mort lui retournait l'estomac et elle eut un instant la nausée en songeant à toutes les personnes, les Nations, comme Suède, qui mourraient bientôt, par la faute de l'Empire, par la faute d'Evander - par sa faute, pour n'avoir rien fait. Mais que pouvait-elle ?
Elle suivrait son frère, elle l'aimait et lui était loyale. Elle se serait jetée du haut d'un pont, pour lui, sans hésiter.

Mais....entendre les questions de son interlocuteur lui posait un cas de conscience. Il était humain, lui aussi, avait une âme et conscience et devait être tué pour des raisons politiques. N'était-ce pas un acte immoral ?
Elle crispa les paupières, le temps de reprendre contenance. Elle respira profondément, une fois, deux fois, trois fois.
Non. Les décisions de l'Empereur étaient justifiées. N'est-ce pas ?

Son dilemme mental n'avait pas duré longtemps, du moins l'espérait-elle.
La princesse posa ses mains sur ses genoux et joua distraitement avec le tissu de sa jupe. Elle n'osait pas élever la voix, de peur qu'elle tremble et qu'il l'entende. Elle n'était plus si sûre d'elle, et pourtant elle aurait dû l'être.
Bon sang, que lui arrivait-il ?

- Je ne pourrais vous donner que les raisons officielles que vous devez déjà connaître, répondit-elle doucement en peinant à le regarder, comme honteuse. Les différences de culture occasionnent des conflits qui eux-mêmes engendrent des guerres, donc la mort et la destruction. En éliminant les Nations, l'Empire espère éliminer la guerre... à tout jamais.
Quant à votre mort...


Elle ferma les yeux, tentant de chasser les images horribles qui s'imposaient à elle.

- ...Je ne suis pas mise au courant de ce genre de détails-là.




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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   15/1/2015, 18:50

I am the changing fate

feat. Leah A. Huxley


Spirit doesn't retire.
— Toba Beta



- Je ne pourrais vous donner que les raisons officielles que vous devez déjà connaître.Les différences de culture occasionnent des conflits qui eux-mêmes engendrent des guerres, donc la mort et la destruction. En éliminant les Nations, l'Empire espère éliminer la guerre... à tout jamais. Quant à votre mort...

Elle marqua une pause en fermant les yeux.

- ...Je ne suis pas mise au courant de ce genre de détails-là.

Berwald la considéra un moment. Il voyait bien qu'elle tentait de se cacher derrière son masque de princesse, mais dans ses paroles, ses gestes et ses actes, elle était si transparente qu'il lisait en elle comme dans un livre ouvert. Il avait suffisamment vécu pour reconnaître les symptômes d'un cas de conscience lorsqu'il en voyait un. Qui donc n'avait jamais été confronté à un tel dilemme ? Personne.

Leah était si frêle, elle semblait si fragile, enfermée dans son corset et dans ses obligations impériales. Il sentait bien qu'elle n'avait ni l'habitude ni l'expérience de se montrer comme représentante de l'Empire. Devant elle se trouvait un monde si vaste dont elle ne connaissait qu'une infime partie. Suède avait toujours eut une sorte d'affection paternelle pour les princesses de son pays, et elle ne faisait pas exception à la règle. Il ne la haïssait pas. Il ne lui en voulait même pas.

- Je vois,
lâcha-t-il.
Les différences de cultures...


Il sembla se plonger dans une réflexion intense qui fut cependant brève ; d'un geste de la main, il désigna la robe de Leah.

- Ce sont des vêtement français, n'est-ce pas ? Je reconnais le style. Quant à votre maquillage, je serai prêt à parier qu'il est d'origine asiatique, japonais ou coréen peut-être. Ces deux-là ont toujours été des pointures dans ce domaine.


Une main sur la cuisse, il se redressa et regarda autour de lui.

- Je vois de la porcelaine chinoise là-bas. J'imagine que le thé ne vient pas du Royaume-Uni non plus, n'est-ce pas ? Et vos cuisines doivent regorger de fruits et d'épices exotiques. Après tout, ces bateaux au port n'étaient pas là pour rien.


Berwald laissa planer un silence dans la pièce, les yeux toujours posés sur la figure délicate de la princesse en face de lui. Elle était intelligente, elle avait le pouvoir de remettre en question et de briser cet engrenage infernal qui menaçait de briser leurs os. Leah n'avait pas la force mais elle pouvait l'acquérir, elle avait la volonté nécessaire pour se battre. Il lui fallait une étincelle, quelque chose.

Un déclic.

- Vous osez me dire que tout cela cause des morts et des guerres, alors que vous êtes les premiers à profiter de l'interculturalité ? Pitié, je ne veux pas de votre pitié. La mort ne m'effraie pas, en plus de mille ans, j'ai eu le temps de m'y préparer. Alors dites-moi ce que vous pensez vous. Je ne veux pas de réponse toute faite. Je ne veux pas de l'avis de la princesse de l'Empire. Je veux celui de Leah.


Il avait légèrement haussé le ton. Sa voix grondait comme l'orage et il lui semblait que son sang, qui lui avait paru si froid dernièrement, se remettait à filer comme du feu dans ses veines. Il se sentait vivant. Il voulait vivre. Non, il n'avait pas peur de la mort, mais il la considérait comme une solution bien idiote. La mort n'est jamais une réponse. Si elle devait être quelque chose, elle serait le point final d'une vie heureuse, pleine de sens et bien remplie.

Il voulait continuer à œuvrer pour un monde plus paisible, mais on ne le laissait pas faire. On l'accusait. Et il ne comprenait pas.

Alors il se battrait, jusqu'à avoir une réponse, ou jusqu'à la mort.

© Kaamee

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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   24/2/2015, 14:33





















 I am the changing fate
The guilt's no good, and it only shames us more / And the truths that we all try to hide, are so much clearer when its not our lives / When we don't face the blame




Leah aurait voulu disparaître si elle avait pu.
Elle aurait voulu s'enfoncer dans les coussins du sofa et ne faire plus qu'un avec le meuble, pour échapper à ce regard bleu acéré qui était de plus en plus dérangeant.
Il avait raison. Il avait raison sur toute la ligne, et elle avait honte, terriblement honte.
Elle se sentait d'autant plus petite face à la carrure imposante de l'homme, qui faisait honneur à sa réputation.
Il était tout bonnement terrifiant.
Ses yeux pesaient sur elle et il lui semblait que c'était tout le poids du monde qui s'abattait sur ses frêles épaules au fur et à mesure que Suède parlait.

Il marqua une pause, et un long frisson parcourut sa colonne vertébrale ; le silence était encore plus désagréable que les mots qui remettaient en question tout ce que l'on lui avait toujours dit, tout ce en quoi elle croyait. Pour elle, les actions de son frère étaient justifiées, et elle n'avait pas vraiment envie non plus de chercher plus profond parmi les arguments que l'on lui avait donné.

- Alors dites-moi ce que vous pensez vous. Je ne veux pas de réponse toute faite. Je ne veux pas de l'avis de la princesse de l'Empire. Je veux celui de Leah.

Elle avait de plus en plus l'impression d'être une petite fille que l'on gronde.
Elle n'osait même plus lever les yeux de ses mains parfaitement manucurées qu'elle tordait à présent dans tous les sens, nerveuse.
On ne lui avait jamais parlé comme ça.
Personne n'avait jamais haussé le ton sur elle. Pas comme cela, en tout cas.
Et pour la première fois, on dissociait sa personne de son rôle de princesse. Elle n'y était pas habituée. Pour elle, "princesse" et "Leah" étaient la même personne, deux masques plus ou moins confondus dans son esprit qu'elle revêtait selon différentes occasions.

Elle comprenait très bien ce qu'il lui demandait, cependant.
La petite blonde prit une profonde inspiration et ferma les yeux. Faire abstraction de tout ce que l'on lui avait baratiné jusqu'à présent n'était pas chose aisée, et il lui semblait que quoi qu'elle dise, aucune réponse ne conviendrait vraiment - cela resterait des mots plus ou moins jetés en l'air, dans un salon du Palais Impérial, entre une jeune fille et une Nation.

- ...Je ne connais pas vraiment le monde. Ce que je sais, je l'ai appris à travers les pages de nombreux livres. J'y ai appris des mythes et des légendes, mais aussi les grands noms et les grands événements qui ont forgé l'Histoire et l'Humanité, ceux dont on parle avec fierté et reconnaissance, autant que ceux qui font encore aujourd'hui trembler les populations.

Elle déglutit. Elle avait l'impression de mettre son coeur à nu. Timidement, elle osa relever les yeux sur le suédois et lui offrit un sourire penaud.

- Vous savez, M. Oxenstierna, lorsque l'on parle de l'Empire...j'aimerais que l'on se souvienne de mon frère comme d'un grand homme qui aura oeuvré pour le bien de tous. Cependant...

Sa voix se brisa et elle ne parvint qu'à murmurer la fin de sa phrase. Il lui semblait trahir Evander en émettant un doute sur ses actions.

-...J'ai bien peur que cela soit le contraire.

Leah rassembla le peu de dignité qui lui restait pour reprendre une attitude plus ou moins princière et un petit sourire contrit étira ses lèvres.

- Notre monde a l'air merveilleux. Hélas, je n'ai pu en voir que ce que l'on a bien voulu me montrer... Je trouve qu'il serait bien dommage que toute cette beauté se perde dans le dessein d'un homme qui court après la grandeur à tout prix.



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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   24/2/2015, 17:49

I am the changing fate

feat. Leah A. Huxley


Each of us is born with a box of matches inside us but we can't strike them all by ourselves.
— Laura Esquivel


Il l'écoutait sans un mot, le regard braqué sur sa délicate figure. Elle semblait si frêle, si mal à l'aise, il aurait pu la briser en quelques secondes... Mais Berwald n'était pas comme ça. Il ne voulait pas la punir pour ce que son frère faisait. Ses paroles étaient hachées, et il lui semblait qu'elle peinait à se dévoiler en tant que Leah et non en tant que princesse de l'Empire. Que dire d'une vie où être soi-même est une torture ?

- Alors vous affirmez vous-même que votre frère court après la grandeur et non après la paix mondiale.

Il la considéra quelques instants de plus, puis finit par répondre :

- La beauté du monde ne peut être préservée que lorsqu'on y met la volonté. Une attitude passive ne vous mènera nulle part. De plus, au-delà de ces considérations... Nous autres les nations, nous sommes des êtres conscients. Avec des émotions, des sentiments, des souvenirs, de la douleur. Nous sommes là parce que notre peuple est fier de son identité. Nous n'existons que par eux et pour eux...

Ses doigts tapotaient sa cuisse avec une pointe d'agacement, une envie de la faire réagir à tout pris. Elle pouvait prendre conscience de la situation, Berwald le savait, il en fallait juste un peu plus, un peu plus...

- Certaines nations ne sont que des enfants. Est-ce que vous pensez qu'un enfant mérite la mort à cause de sa nature ? Cela me rappelle terriblement d'anciennes pratiques que nous souhaitons tous oublier...

Il se savait choquant dans ses propos mais, contrairement à ce que laissait voir son apparence, Suède était presque à bout. Son sang bouillonnait dans ses veines et il n'avait pas quitté Leah du regard. Quelque chose au fond de lui s'éveillait.

Il se revit alors dans son atelier, lorsqu'il avait entendu le discours d'Evander à la radio. Il se souvenait du froid qui l'avait saisi, de cet engourdissement total. Aucune panique. Juste du vide. Glaçant. Terrifiant.

Fatal.

Lorsqu'il était jeune et qu'il naviguait sur les mers aux côtés de Danemark et Norvège, il se souvenait que les hommes ne cessaient de répéter que le froid, c'est la mort. C'était bien étrange pour des nations recouvertes d'un manteau blanc durant une grande partie de l'année. Pourtant, on ne s'habitue pas au froid : on apprend à le combattre.

Chacun a sa méthode : il y a ceux qui se réchauffent auprès des leurs, car on dit que la chaleur humaine est la plus puissante de toute, qu'elle envahit le corps et l'esprit, dans une vague apaisante. Matthias était ainsi. Il sortait souvent de sa couche pour aller dans le lit le plus proche, et Berwald se souvenait qu'il avait râlé plusieurs fois à cause de ses pieds gelés.

Il y a ceux qui se battent, qui bougent, qui créent leur propre chaleur au prix de leur force. Ce sont ceux dont le cœur bat si fort qu'il irradie, ceux qui ont une volonté de vivre et un courage à toute épreuve. Suède y reconnaissait Norvège. Il ne semblait pas si actif au premier abord mais Berwald savait qu'il était sa propre raison de vivre. Vivre pour soi, pas pour les autres, parce que lorsque l'on vit pour les autres, on souffre.

Et puis il y a ceux qui s'emmitouflent dans des couches de vêtements toujours plus épaisses, parce qu'à défaut de produire un surplus de chaleur ou d'en grappiller chez les autres, ils prennent soin du peu qu'ils ont. Il était ainsi, Berwald. Pas du genre à quémander, pas de volonté assez force pour se suffire. Juste de quoi vivre.

Mais aujourd'hui, juste de quoi vivre n'était plus assez. Il fallait que la chaleur se répandent, qu'elle brûle, qu'elle consume, qu'elle file dans les veines de tous ceux qui voulaient bien la recevoir.

- Je vous le demande, princess. Est-ce que vous voulez vivre ?

© Kaamee

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Leah A. Huxley
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MessageSujet: Re: I am the changing fate [feat. Leah A. Huxley]   27/2/2015, 00:56





















I am the changing fate
You'll be amazed / At my mouth full of lies / But I'm too afraid to come clean / Cause my life's the flame in a house of cards




Leah l'écoutait attentivement. Pour un homme terrifiant, il avait des choses intéressantes à dire et un point de vue assez nouveau aux yeux de la Princesse. Elle avait besoin d'entendre ça. Besoin qu'on la conforte dans l'idée qu'elle n'était pas folle ou ingrate lorsque parfois, il lui semblait que son frère allait trop loin ou que ses méthodes étaient trop...radicales.
Elle n'avait jamais pu avoir l'avis d'une Nation qui, visiblement, tendait vers la Rébellion dans ses propos. Les mots du suédois lui étaient précieux.

Néanmoins, elle leva les yeux au ciel en l'entendant débiter sa tirade sur la raison d'être des Nations et leur humanité. Oui, elle le savait, et c'était bien pour cela qu'elle avait accepté de le recevoir, parce qu'à ses yeux, il n'était qu'un sujet de l'Empire de plus - si ce n'est qu'il avait un statut particulier dans la chasse à l'homme d'Evander.
Les jambes élegamment croisées, elle commença à remuer du pied d'un air agacé. "Une attitude passive", disait-il ? Mais que voulait-il qu'elle fasse, exactement ? Croyait-il qu'il lui était si aisé d'intervenir dans un conflit pareil ? La prenait-il pour une idiote, une simple d'esprit ? Qu'attendait-il d'elle, exactement, en venant ici ?

Légèrement blessée dans son ego princier, elle se redressa pour le toiser du mieux qu'elle le pouvait et lui faire comprendre sa désapprobation.

- Certaines nations ne sont que des enfants. Est-ce que vous pensez qu'un enfant mérite la mort à cause de sa nature ? Cela me rappelle terriblement d'anciennes pratiques que nous souhaitons tous oublier...

Elle lui lança un regard venimeux. Il était allé trop loin. Sa patience avait des limites et Suède les avait clairement dépassées.

- Ohh, ne vous aventurez pas sur ce terrain-là, M. Oxenstierna. N'osez pas comparer l'Empire et mon frère à des monstres de l'histoire. Je ne suis pas responsable de ce qui peut vous arriver. J'agrée, toucher à des enfants est affreux, condamner un être à cause de sa "nature" comme vous dites, l'est tout autant. Mais je n'oublie pas. Ohhh non, nous n'oublions pas. Parce que nous sommes à la tête d'un Empire Mondial et que nous ne voulons pas reproduire les erreurs du passé.

Elle se leva du sofa et commença à marcher à travers la pièce, comme un lion en cage, sa voix sifflante. Il l'agaçait. Il l'agaçait à la faire se remettre en question comme cela, il l'agaçait avec ses grands discours, il l'agaçait à avoir raison, il l'agaçait agaçait agaçait.
Elle lui aurait bien mis sa délicate main dans la figure, si elle n'avait pas eu une force moindre et lui une carrure d'ours.

- Je vous le demande, princess. Est-ce que vous voulez vivre ?

Elle fut légèrement prise de court et s'arrêta dans sa marche, dos à lui.

- ...Evidemment. Je me doute qu'il en va de même pour vous.

Elle se retourna et se pencha en avant, les deux mains appuyées sur le dossier du sofa, toute hésitation ayant enfin quitté son attitude.

- Mais je vous le demande à mon tour, Sverige, commença-t-elle en hésitant légèrement sur la prononciation du mot. Qu'est-ce que vous attendiez réellement en venant ici, dans la gueule du loup, si je puis dire ?



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Je vous fais la révérence en #F781F3
Encore merci à Sue pour l'avatar et la signature~
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