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 Der Winterreise [espagne]

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Autriche
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MessageSujet: Der Winterreise [espagne]   8/11/2014, 20:07



Eisamkeit


« Qui comprend l’humanité recherche la solitude. »







Les Alpes autrichiennes vêtues d'un linceul blanc semblaient, malgré leur couleur immaculée, en deuil. Les forêts et les villages ne bruissaient plus, figés dans l'hivers. L'ère de vapeur imposait son silence accablant la ou jadis il y avait sans doute eut des stations de sport d'hiver ainsi que des activités inhérentes à cet environnement d'exception. Les cimes dominant les vallées, géants de roc et de neige, couverts d'une toison de forêts étaient également muettes, hibernant. Le lieu vu du ciel était presque désert, abritant un village niché au cœur de la vallée mais guère plus. Il s'agissait en réalité d'un ancien parc national, le Hohe Tauern, qui s'étendait sur plusieurs régions dont la Carinthie. Un observateur peu attentif quelque soit son emplacement n'aurait jamais remarqué, sur l'adret de l'un de ces monts le modeste chalet de bois de pin sombre noyé dans la forêt. Pourtant, un mince filet de fumée le trahissait en permanence, mais se noyant parmi les nuages bas ce filet même se dérobait au regard. Si l'on trouvait le sentier dégagé pour accéder à la petite habitation, retraite isolée, perdue au milieu d'une nature au repos, l'on accédait à un espace a peine dégagé parmi les arbres. Une étable sur un coté, fermée, semblait spacieuse. On imaginait aisément qu'elle aurait pu accueillir plusieurs chèvres que l'on mènerait aux pâturages l'été. Mais sa résidente actuelle n'était autre qu'une jument alezane nommée Pamina, en référence au personnage de l'opéra de Mozart, Die Zauberflöte. La jument, invisible de l'extérieur était calme, sans doute dormait elle.

La petite étendue dégagée, couverte de neige, constituant comme un jardin à cette retraite, abritait deux bonhommes de neige, conçus adroitement, qui semblaient ses tenir la main, par la proximité des branches qui leurs servaient de bras. L'on d'eux arborait une fleur séchée au dessus de ce qui lui servait de tête et un grand sourire fait de petites branches. L'autres semblait plus droit, et arborait la si représentative mèche rebelle autrichienne, Mariazell. Autour de ses yeux avaient été placées des brindilles évoquant sans doute des lunettes. Cette représentation, lourde de signification, ne constituait aucune difficulté d'interprétation, en outre...

***

Il ouvrit les yeux. Il ignorait quelles heure il était réellement, il avait perdu la nation du temps, et ce depuis un moment. Aucune montre ou horloge n'étaient présentes dans son espace vital. Il se sentait une fois de plus étouffé par ce silence qui régnait; s'infiltrait partout. Silence qui allait avec solitude. Il se leva. Il ignorait depuis combien de temps exactement il était ici, mais il était sur d'une chose au moins : il s'était grandement dégradé. Hans n'était venu que par deux fois, trouvant sa nation dans un état d'apathie étrange et qui ne lui était point coutumier. Roderich était amer. Profondément amer. Hans, le seul habilité à garder le contact avec lui, chaque fois lui apportait des vivres et lui parlait de la situation actuelle. Il lui rapportait également ce qu'il récupérait de ses affaires, Roderich  sans trop le montrer, lui en était gré. L'autrichien fit le tour de sa chambre pour se délester de ses affaires de nuit, et revêtir quelque chose de plus décent. Son regard d’améthyste terne capta un miroir en mauvais état gisant sur une commode ou il vit le reflet d'un homme émacié, mal rasé, blafard. Ses cheveux qui étaient d'ordinaire l'objet d'un grand soin de sa part avaient perdu de leur éclat se présentant dans un désordre anarchique. Roderich se détourna de cette vision amoindrie de lui même et se prit des vêtements chauds, de bien plus simple facture que les coûteux atours qu'il portait à Vienne. La chambre, simplement meublée était dotée d'une fenêtre donnant sur les montagnes, et cela lui suffisait amplement.

Il sortit de la chambre. De nouveau le silence écrasant, la solitude et l'ennui. Pour combattre la silence, il jouait du violon ou chantait pour que sa voix ne se fige pas dans sa gorge à force d'être inutilisée. Le violon était le seul des instruments qu'il avait pu sauver. Cela ne valait point son piano mais il s'en contentait. Pour tuer la solitude il allait voir Pamina, la jument sur laquelle il s'était enfui de sa propriété de Klagenfurt à la fin de l'attentat raté. Il devait beaucoup à la courageuse bête aussi il se montrait attentif avec elle. C'était une créature douce et docile, dont il possédait les parents et qu'il avait vu naître dans ses écuries. De loin sa préférée du moment. Autriche avait eu de nombreux chevaux, des chiens et même des aigles. En un sens il avait toujours aimé la compagnie des animaux, aussi bien d'animaux domestiques comme des animaux de montagnes. Il lui arrivait de randonner des jours durant, à une époque, dans les parcs naturels pour approcher les troupeaux de chamois ou apercevoir des marmottes tentant d'échapper aux grands rapaces. Pour se débarrasser de l'ennui, l'autrichien ces dernières semaines lisait et écrivait. Roderich en profitait également pour sortir, prendre une journée pour partir, ses skis sur le dos, gravir un sommet environnant et faire une  ou deux descentes. Il pouvait  également passer du temps dans la neige. Roderich se disait aristocrate, il n'en était pas moins un enfant des montagnes au moins autant qu'un enfant du Danube.  

La pièce principale de la demeure était un grand espace comportant une cheminée que l'autrichien se chargea d'allumer. Tout les murs était dans ce même bois de pin. Elle comportait trois portes, l'une donnant sur la chambre, l'autre sur l'extérieur, l'autre encore sur l'étable et la dernière sur la cuisine. Ses skis en bois étaient accrochés à un mur, mais les objets décoratifs étaient nombreux. Un fauteuil était devant le feu. Sur celui ci gisait des journaux et des livres divers ainsi que la belle pipe de Roderich. L'endroit était bien tenu dans l'ensemble. Autriche ne savait plus si il avait vécu ici, mais il était convaincu que cet endroit avait abrité de nombreuses personnes en quête de solitude, souhaitant fuir la civilisation. Suffisamment retranché, au village le plus proche ce chalet était nommé à juste titre "le chalet de l'ermite". Qu'il soit habité ou non, les villageois ne s'en souciant guère. Roderich se fit un thé avec ce qu'il lui restait comme feuilles. Les premiers jours il avait tenté de se maintenir tel que d'ordinaire, mais il avait rapidement abandonné l'idée de se raser avec son ersatz de rasoir et les brûlures avaient commencé à apparaître partout sur son corps, entravant ses mouvements, lui causant des douleurs terribles. A ce que lui avait rapporté Hans, les impériaux le cherchaient activement et n'hésitaient pas à brûler des villages, étant parfois obligés de tuer des civils qui refusaient de donner quelque information sur la position de leur nation. L'Ö5 avait un succès croissant, les autrichiens, fiers de leur identité, ne voulaient pas s’aligner.

Autriche était fier de son peuple, un peuple qui n'avait pas perdu foi en lui. Mais il était également amer d'avoir échoué, et son amertume le dégradait. Cela faisait des semaines qu'il n'avait pas touché au clavier d'un piano et cela lui manquait également. Rien qu'avoir une radio pour écouter de la musique classique lui aurait suffit à vrai dire. Il but, tranquillement, décidant qu'il irait voir juste après Pamina, qu'il lui parlerais sans doute, puis qu'il sortirait et tenterait de reprendre le brouillon de la lettre qu'il comptait envoyer à Elizaveta. C'est alors que des coups se firent entendre à la porte. Méfiant, il se précipita pour saisir un pistolet et le braqua vers l'entrée. Il posa le regard sur sa rapière gisant dans un coin mais la jugeant superflu se contenta de dire, comme un ordre, d'une voix forte et éraillée :

- Herein !

© Kanji

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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   17/12/2014, 19:44







 ♦ Viaje de Hiverno  ♦
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La nation hispanique escaladait les montagnes des Alpes depuis deux jours déjà, accompagné d'une jeune femme. Ils étaient tout deux méconnaissables, autant l'un que l'autre, caché sous ces dizaines couches d'habits. L'hiver était particulièrement rude cette année-là. Entre forêts denses, tempêtes de neige et le froid mordant de l'hiver, ils commençaient tout deux à être à bout de nerfs. "Bientôt, on y est presque" se rassuraient t-ils mutuellement en un sourire forcé mais ils n'arrivaient pas à en voir le bout. A croire que le climat autrichien se rebellait lui-même aussi de l'état de crise dans lequel son pays avait été plongé. Rebelle, froid et solitaire. Tout comme l'était celui pour qui il escaladait ses rochers montagneux. Roderich. 

Le paysage avait beau être magnifique, l'espagnol n'avait absolument pas la tête à ça et la charmante jeune femme qui lui tenait compagnie, chaudement emmitouflée sous un grand manteau en fourrure, le savait très bien. Plus que des amants, elle connaissait tout de son aimé. Mais l'inverse était bien loin d'être réciproque. En effet, il n'était pas inutile de pointer du doigt le désintérêt total que pouvait porter la Nation à cette humaine éperdument amoureuse. Il se servait d'elle pour retrouver la trace de son vieil allié et ami. Et elle le savait très bien mais quitte à passer ne serait-ce qu'une seconde de plus en sa présence, elle exécuterait tous ses désirs. 

Ils marchaient donc côte à côte, main dans la main de peur de perdre l'autre. Sans elle, Antonio se retrouverait à errer seul et perdu dans ses hostiles montagnes. Et sans lui, la belle brune serait perdue, le coeur brisé. Les yeux bleus satins de la jeune femme ne lâchaient pas une minute l'espagnol. Il s'arrêta un instant ce qui surprit la jeune femme et elle se fit que plus attentive, en attente du moindre mouvement, de la moindre parole, au moindre son. Il se retourna lentement, provoquant une certaine inquiétude chez l'humaine mais quand elle aperçut l'immense sourire qu'il ornait sur son visage bordé entre bonnet et grosse écharpe en laine, elle ne put s'empêcher de lui sourire tendrement. Il ressera sa poigne autour de sa main et gloussa quelque instants. Il déclara quelque chose qu'elle ne comprit pas puisque contre ses lèvres, était posée l'écharpe. Elle fronça alors les sourcils et comprit. Presque immédiatement, il retira son écharpe de son visage, la laissant pendre sur ses larges épaules. Il réprima un long frisson quand le vent froid, mordant, s'infiltra dans ses habits, ce qui fit rire sa guide. Il tenta de faire mine de bouder malgré un grand sourire qu'il n'essayait pas de cacher et échoua donc lamentablement:

-"Eh ne rigole pas, il fait froid~

-Oui, oui désolée...

La jeune femme cacha bien vite son sourire de sa main, alors qu'elle rougissait, toute gênée. Il lui souriait un peu plus encore, tendrement, attendri par sa gêne et poussa un long soupire en haussant les épaules, toujours ce sourire accroché à ses lèvres. Il resta comme ça à la détailler du regard une bonne dizaine de minutes jusqu'à ce que l'humaine, perturbé par ce regard puissant qui s'appuyait sur elle, brisa le silence d'une voix tremblante:

-"Quelque chose ne va pas...?Vous voulez que je vous dégèle vos prothèses...?"

Le premier réflexe d'Antonio fut de froncer les sourcils, d'incompréhension. Bien sûr qu'il avait compris ce qu'elle avait dit mais il s'était attendu à tout, sauf à ça. Intrigué, il baissa lentement son regard jusqu'à ses fameuses jambes où commençaient des prothèses faites de différents métaux tels que cuivre, argent, acier, même parfois or pour les ornements et acquiesça lentement. C'est vrai qu'elles n'étaient pas conçues pour la randonnée en montagne, en pleine hiver. Il devait donc les réchauffer assez souvent pour ne pas qu'elles se bloquent. Mais commander une autre paire pour partir à la recherche de Roderich aurait été beaucoup trop long. Il devait savoir si il allait bien. Le voir de ses propres yeux et lui parler. Alors la solution qu'ils avaient trouvé était de les réchauffer au chalumeau à chaque fois qu'elles commençaient à geler.
Perdu dans ses pensées, les mains de la jeune femme vinrent se poser sur ses joues froides. Surpris, il releva son regard pour le plonger dans celui de la belle brune:

-"Antonio...

-Ah tu me tutoies enfin~

-Oui...je ne devrais?

-Si, si c'est très bien, ca ne me dérange pas le moins du monde~"

Puis il se mit un peu à rire en caressant lui aussi sa joue de son index. Elle ne riait pas du tout. C'était presque avec peine et tristesse qu'elle le regardait

-"Je vais vous perdre après ça...

-Hein?

-Me trouviez-vous jolie le premier jour que vous m'avez aperçu?

-Tu n'étais pas vilaine~ 

-Pourquoi ne pas rester ensemble alors...?Nous sommes bien ensemble, nous pourrions être un coup-

-Nt nt nt."

Le regard qu'affichait l'espagnol était dur. Ces traits d'habitude, si tendres, si doux et chaleureux, s'étaient transformés en quelque chose de si froid. Ça en devenait presque effrayant. C'était un non catégorique. Un non sans négociation. Elle détourna le regard, et baissa la tête, tremblant comme une feuille sur place, non pas à cause du froid, mais de son cœur un peu plus meurtri qu'il ne l'était déjà. Il l'a lâcha et soupira longuement. 

-"Allons-y. C'est vers où?" souffla t-il avant de réajuster son écharpe sur son visage.

-"Droit devant nous, on devrait plus être très loin..."

Puis il put enfin reprendre la marche, en la traînant presque derrière lui. Plus aucun mot n'avait été prononcé, juste le fond sonore des courts d'eau, le vent sifflant à leur oreille et le craquement de la neige sous leurs pieds. L'humaine se sentait terriblement mal, rongée par le remord alors que Espagne lui n'y pensait plus trop, il avait juste hâte de revoir son ami. Après tout elle n'était pas grand chose à ses yeux. Il en avait vu des humains dans sa vie et elle était loin d'être celle qui faisait papillonner son cœur. 
La marche au silence de mort dura bien 3 bonnes heures avant qu'Antonio puisse apercevoir, enfin, le fameux chalet où avait pris refuge l'autrichien. Il en oublia complètement la femme, lâchant enfin sa main et se mit à piquer un sprint. 

-"Roderich, Roderich!" hurla t-il, le cœur empli de joie. Son calvaire allait enfin s'arrêter et il se mit à tambouriner la porte de coups.

Mais alors que les chocs de ses poings contre la fragile plaque de bois résonnaient en un écho insupportable, elle finit par céder, plus brutalement que prévu. En effet, les yeux de l'espagnol suivirent avec étonnement la course jusqu'au sol de la porte qui venait de se décrocher du mur. Soit il avait vraiment beaucoup de force, soit ce chalet était vraiment en mauvaise état.
Il resta quelques secondes comme ça, a tenté de comprendre ce qu'il venait de se passer. Tête baissée, il fit un pas pour entrer dans la demeure, son regard toujours posée sur la porte.

-"Dios mio..."

Il mit sa main devant sa bouche et releva lentement son regard pour observer l'être en panique qui se trouvait devant lui. C'est en détaillant l'arme qu'il tenait dans ses bras qu'il recula en un bond et agitant ses bras devant lui, lui faisant signe de se calmer.

-"Oh..oh la Rodrigo...calme-toi, je...C'est Antonio...España.


Il haussa un sourcil attendant une réaction de la part de son ami, un peu inquiet, alors que ses yeux ne quittaient pas une seule seconde l'orifice de son arme. Il priait pour qu'il ne tire pas même si la probabilité qu'il fasse ça était pratiquement nulle.

Bientôt, l'humaine vient à poser ses deux mains sur le bras de la nation, timidement, et glissa sa tête pour observer la scène, attentive, n'osant pas dire un mot.


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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   19/12/2014, 19:44



Land der Berge, Land am Strome


« Qui comprend l’humanité recherche la solitude. »






La porte s'abattit. Il lui semblait bien que la serrure était mauvaise, mais manifestement celui qui tentait d'entrer n'était en possession d'aucune clef, donc ce n'était pas Hans. Roderich était bien embêté par la perte de sa porte mais il pourrait toujours descendre en ville demander de l'aide pour la remonter. Il était tendu comme la corde d'un arc, nerveux, redoutant qui se présenterait à lui, qui le sort lui avait envoyé. L'autrichien pensait qu’après tout ce temps l'on avait sans doute fini par le débusquer mais quoi qu'il en soit il ne se laisserait pas faire.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'Antonio fit son apparition. Il en fut décontenancé, faillit perdre un instant ses moyens, mais bien vite il se ressaisit. La stupeur avait à peine transparut, comme un mirage, son contrôle de soi inhibant toute apparence émotion. Dans les yeux implorants de l'espagnol, Roderich y lut le reflet de sa propre déchéance. Cela le rebutait. Cette inique réalité ou il pointait son arme sur une personne qu'il appréciait, avec laquelle il avait partagé d'importants souvenirs, un ami, un frère, le rebutait. Le Roderich de Vienne avait émergé de sa conscience embrumée par son actuelle condition de montagnard et jugeait celui qu'il était actuellement. Land der Berge, Land am Strome disait son hymne. Pays des montagnes, pays sur le fleuve, c'est ce qu il était, fils des Alpes et du Danube, le noble de Vienne et le pionnier des montagnes. Cela lui formait une personnalité quelque peu étrange, car ces deux identités n'en étaient qu'une et cette coexistence pouvait donner lieu a des troubles. Comme ici, ou il tendait à nier sa décrépitude, l'ignorer, ou accuser quelqu'un d'autre de son état. Mais il était le seul à blâmer et devant Antonio qui se présentait comme l'évidence il ne pouvait plus se voiler la face. Il affronta donc ce regard troublé de ses iris de lavande fanée. Il prenait l'accusation et le mépris la tête haute, comme il l'avait toujours fait, si fier en apparence sauf qu'ici il était le juge et l'accusé. 

Il sortit de son conflit interne lorsque son regard se posa sur la froide arme qu'il tenait et il la baissa. Roderich s'était parfaitement ressaisit et analysait de nouveau de son esprit vif et aussi peu empathique qu'une machine la situation. Froid et calculateur dans ses raisonnement il se voulait infaillible. Il se méfiait toujours d'Antonio qui était du coté de l'Empire mais il savait que si celui ci avait reçu l'ordre de le retrouver ou s'occuper de lui il aurait avant tenté de négocier ou de faire en sorte qu'il ait le moins possible a en souffrir. L'espagnol était résolument trop gentil. Mais c’était bien pour cela que Roderich acceptait de le recevoir et l'écouter. Par contre sa jeune compagne devrait sortir, sire Edelstein ne tolérait pas chez lui n'importe qui. Elle pouvait rentrer chez elle. Il se tenait donc debout, si droit, avec sa prestance régalienne. Le germanique était blafard, émacié, portait une barbe fine sur ses traits délicats. Si peu de chair dans ce corps ! Il était élancé et svelte, mais ne présentait apparemment aucune carrure musculaire. Ses cheveux bruns n'étaient pas dans leur meilleur état, et les vêtements qui le couvraient étaient chauds sans être de belle facture. 

Il s'exprima d'un ton qui se voulait posé, d'une voix qui se voulait semblable à d'ordinaire :

- Veuillez m'excuser, Antonio, mais vous comprendrez que je me dois de prendre des précautions. Pouvez vous remonter la porte également ? Non la réparer mais au moins faire en sorte qu'elle repose sur le linteau.

Il était trivial; comme si de rien n'était. Comme si il s'étaient quittés la veille après avoir bu un verre ensemble. Mais Roderich n'en avait pas fini. Son regard de rapace se porta sur la petite demoiselle qui serra plus fort le bras d'Antonio. Roderich savait faire impression et se montrer imposant. Si faible physiquement, mais un véritable génie des relations. Quoiqu'il en dise, si il ne s'entendait pas avec quelqu'un c'est simplement qu'il ne voulait pas s'en donner la peine. Il savait pertinemment comment s'adapter, être à l'aise en toute société, aussi bien que se montrer supérieur, inspirer crainte, respect et obéissance. 

- Quant a vous demoiselle, rentrez chez vous. Si vous ignorez comment, il y a un village dans la vallée ou vous pourrez trouver aide et assistance, il suffit simplement de descendre entre les sapins, le long de la sente.

Il attendit que les deux exécutent et en attendant se rendit en cuisine pour proposer un chocolat chaud à Antonio. La demoiselle finit par sortir. Le feu crépitait dans l'âtre, la pièce a vivre ornée de tableau bucolique semblait charmante et accueillante. Roderich l'était aussi, simplement il fallait voir au delà des façades. Lorsqu'on le connait bien on sait qu'il à vraiment un bon fond, mais cela est enfermé sous une carapace de glace hivernale. Il revint avec les chocolats et posa celui d'Antonio sur la grande table, une pièce de bois massive et magnifique, soutenue par d'imposants pieds sculptés a la mode alpine. Tout était ici très folklorique, une odeur agréable de bois brûlé et de chocolat flottait, partout des images colorées d'animaux et de fleurs de montagne, les skis accrochés quelque part a un mur, des canapés recouverts d'une taie de laine. Si beaucoup savaient que Roderich de par sa condition noble appréciait les grandes demeures luxueuses et décorées avec un style tout particulier, peu savaient qu'un environnement aussi modeste que celui ci pouvait lui convenir. L'autrichien avait laissé son arme dans la cuisine. Si peu de précautions ne lui ressemblait pas mais Espagne était la première nation à avoir cherché à établir le contact après la fête. Il lui en était reconnaissant.

-  Hm, Antonio, il y'a du chocolat chaud si vous désirez. Si vous avez faim je puis faire à manger...

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Dernière édition par Autriche le 22/1/2015, 13:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   21/1/2015, 19:52







 ♦ Viaje de Hiverno  ♦
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Antonio était d'abord resté là droit comme un piquet en attendant quelques explications de la part de son ami pour qui il avait escaladé ses montagnes des jours durant. Non, pas qu'il soit énervé et lui demande de s'excuser pour un tel accueil mais plutôt qu'on lui éclaircisse la situation, qu'on la lui clarifie plus amplement car il était perplexe. Le pou de son coeur commençait peu à peu à ralentir, lui qui s'était mis à s'affoler si vite à la vue de l'arme pointée sur lui. 

Mais pourquoi avait-il risquer tant de choses certains pourraient se demander?Lui qui avait, par cette action, mis en danger son statut de pro-empire, incluant la prospérité et la richesse de son pays mais également sa santé qui ne cessait de se détériorer depuis l'unification progressive des pays. Il s'était aventuré dans les Alpes accompagné d'une humaine en qui il n'était même pas sûr de sa fiabilité dans le simple espoir de retrouver son vieil ami, en échange de simples nouvelles de sa part. Il ne faisait pas ça pour l'argent, ni pour une poignée de respect ou même en échange d'un peu de pouvoir. Certains auraient pu le prendre pour un fou, d'autre pour un idiot heureux mais Tonio s'en fichait bien. Pour lui rien n'a jamais été plus important que ses proches de toute manière. Car oui, Tonio faisait parti de ses rares personnes pour qui aider sans rien ne recevoir en échange à part un peu d'amour et d'amitié suffisent, faisant de lui quelqu'un en qui on peut avoir facilement confiance si sa confiance et son amitié sont gagnés. Et ça Autriche l'avait bien compris.

Il tenta de bégayer quelques mots en réponse, mais encore sous le choc, il se réussit qu'à suivre qu'avec des yeux écarquillés le mouvement des lèvres d'Autriche. Il avait un peu de mal à entendre avec ses caches oreilles en fourrure blanche encore couverts d'une très fine couche de neige qui commençait très visiblement à fondre mais avait compris la globalité du message. Son regard se dirigea vers la jeune femme qui lui tenait le bras en même temps que l'autrichien et c'est en retirant son bonnet, son écharpe et ses caches oreilles qu'il put cette fois-ci clairement entendre les paroles de son ami:

- Quant à vous demoiselle, rentrez chez vous. Si vous ignorez comment, il y a un village dans la vallée ou vous pourrez trouver aide et assistance, il suffit simplement de descendre entre les sapins, le long de la sente.

Elle partit si vite que son esprit encore embrumé n'eut même pas le temps de réagir. Il fronça simplement les sourcils et se contenta d'un "Adios" lorsque la porte se ferma derrière lui. Tant pis, de toute manière ce n'était pas ça qui était entrain de mentalement le faire travailler. 
Il suivit des yeux le parcours de Roderich et alors qu'il allait s'avancer pour le suivre il se souvint vaguement de ses dernières paroles. 

"Pouvez vous remonter la porte également ? Non la réparer mais au moins faire en sorte qu'elle repose sur le linteau."

Comme pour réagir, certes un peu tardivement à ses derniers propos, il hocha rapidement la tête et se tourna vers le grand trou rectangulaire où avant reposait tranquillement un porte avant qu'il ne la force. Il frissonna un peu en sentant le froid venir troubler la chaleur du petit chalet et chercha du regard le large bout de bois qui allait plus servir de cache que de porte. Il se retira de son gros manteau pour plus de mobilité en l'accrochant au porte-manteau et s'empara de ce qui avait servi de porte. Il passa la tête sur le côté du bois abimé pour étudier comment allait-il faire pour ajuster à peu près correctement ce dernier avant de grossièrement le poser pour que minimum de courants d'air puissent se glisser dans la petite maisonnette. Plutôt fier de lui, il recula de quelques pas et admira son oeuvre les mains sur ses hanches.

C'est au mot "chocolat" qui fut prononcé que la gourmandise de l'espagnol fut alors réveillée. Il tourna la tête vivement vers son ami autrichien en ornant l'un des plus adorables de ses sourires, déjà tout excité à l'idée de manger ou même boire une douceur, ou du moins quelque chose en rien comparable à ce qu'il avait pu avaler ses derniers jours, nourritures au goût fade et qui gelaient presque instantanément. Il salivait déjà à l'idée que sa langue puisse réagir à la sensation du sucre en bouche et son ventre se mit à gargouiller bruyamment. Il plaqua ses deux mains sur son ventre comme pour faire taire le bruit alors que son sourire se transforma une petite grimace gênée. Ça interprétait nettement ses pensées en ce moment-même. Lui qui n'était pas venu pour manger, il n'avait pourtant que ça en tête à ce moment précis.

Curieux, il s'approcha à pas de loup vers Autriche et passa sa tête par dessus son épaule pour voir ce qu'il était entrain de faire. Il inspira longuement la bonne odeur que dégageait le chalet entier et se réjouissait aux paroles de son ami. Il ne lui fallut pas bien longtemps avant qu'une réponse rapide et claire se fasse entendre de sa voix enrouée, certainement par un rhume qu'il avait du attraper par le froid qu'il avait du supporter.

-Je veux bien un chocolat chaud et quelque chose de bien sucré à me mettre sous la dent pour moi, por favor!

Après ça, il se recula et se permit à commencer la petite visite de ce chalet dont l'ambiance lui plaisait déjà beaucoup. Son regard tout pétillant de curiosité se baladait parmi les cadres accrochés au mur qui montraient de jolies paysages comme des plaines en montagne toutes vertes, au soleil brillant dans le ciel bleu, aux champs fleuris et aux animaux qui y gambadaient. C'est ça qu'il aurait bien voulu voir ces derniers jours, toutes ses belles choses que l'on montre des montagnes, ces montagnes des cartes postales qui nous donnent envie de voyager.

Il soupira longuement alors qu'il se laissa lourdement tomber sur un des canapés. Il retira ses chaussures et s'allongeait, ses yeux reflétant les flammes du feu crépitant qu'il était entrain de fixer sans réelle attention. Il laissait plutôt la chaleur réchauffée son corps gelé et ferma les yeux.

-Ca à l'air agréable de vivre ici Rodrigo...


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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   22/1/2015, 18:52



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Retourné en cuisine il mit à réchauffer quelques pâtisseries préparées la veille, pour ensuite retourner dans ce qui servait de salon. Il regarda un instant l'espagnol étendu la avant de lui apporter le chocolat et les pâtisseries. Il s'était vraiment donné beaucoup de mal. Roderich pensait ne pas mériter tant d'attention. Il ne voulait pas que l'on se cause tant de mal pour lui sans qu''il l'aie demandé préalablement. D'autant qu'il connaissait la rigueur de ses monts, il connaissait sa terre comme il se connaissait et savait que malgré sa beauté elle était rude. Personne n'avait eu la volonté d'Antonio jusqu'ici, depuis qu'il se trouvait en cet endroit. Personne n'avait eu son courage. Roderich en avait conclus qu'il n'en valait pas la peine, aucun message ne lui avait été transmis par le biais de ses sulbalternes. Sa solitude ne l'avait pas tant affecté cependant. Une fois les émotions passées il avait l'esprit net. L'autrichien posa tout devant l'espagnol et s'assit non loin, dans un autre fauteuil, avec son coutummier port altier, son attitude habituelle. Il avait du panache, cela ne l'avait jamais quitté, cette prestance à toujours se montrer régalien. Peut être à la base cea faisait il partie de méthodes d'intimidations quelconques, mais aujourd 'hui c'était simplement une habitude et il se trouvait bien ainsi.

-  En espérant que cela puisse vous rassasier un tant soit peu.

Il attendit que celui ci se mette à l'aise sans le déranger. Le passé avec Antonio avait connu des haut et des bas, ils avaient eu une vie commune également, durant laquelle par principe Roderich n'avait jamais tenu une attitude qui siedrais a quelqu'un de marié pour la simple et bonne raison qu'il avait déjà bien trop été « marié ». Ici il ne fallait pas voir mariages, car pour Autriche cela ne signifiait rien, hormi celui à l'origine de l'Empire Austro-Hongrois, mais simples alliances politiques.

- Autrement je ne puis nier que je m'y plaise, mais vous vous y dépérirez. On y est seul et il fait froid dans cette région. Donc, je me vois contrait de vous avouer que bien que le lieu paraisse plaisant.. Je n'y resterait point indéfiniment moi même. C'est temporaire.

Enfin, il ne voulait pas rester sur une note négative. Il prit lui même une tasse de chocolat chaud. Roderich se rendait compte qu'Antonio était réellement le seul qu'il pouvait appeler son ami. Il avait un unique amour, une grande famille, des bonnes connaissances, ou subalternes, mais un ami, un confident, quelqu'un sur lequel il pourrait compter et auquel il donnerait en retour son plus total soutient il n'y en avait qu'un au final. Ces personnes qui ne vous lâchent jamais quel qu'en soit le prix, qui vous apportent aide et chaleur quand tout en vous s'est gélé, que le cœur s'est enfermé dans une solide gangue de glace, que rancœur et mélancolie ont prit la place de la joie et du bonheur. Qui chasse la solitude, étouffante. Roderich aurait pu en avoir des amis. Plein si il le voulait. Mais il se montrait distant, pour se protéger, pour protéger ses valeur et ce qu'il était il se montrait froid, refusait de créer des liens ne lui étant pas utiles ou profitables. Il se murait lui même dans la solitude, et un silence qui n'était troublé que par des musiques qu'il avait joué et rejoué, écoutées et réécoutées, le son de sa plume grattant le papier. Il se figurait bien vivre seul. Autriche s'était persuadé qu'il était heureux ainsi quand rien ne venait le troubler, mais cela le rongeait, il avait toujours vécu très entouré, même en se figurant être seul.

Autriche se força à sourire. Si il est rare que Roderich sourie spontanément, il est encore plus rare qu'il s'y force. Il voulait qu'Antonio ait pas fait le chemin pour rien. Il voulait le rassurer, un tant soit peu. Roderich était hypocrite sur bien des points mais son sourire n'était jamais faux. Même forcé, il y avait dedans la volonté d'offrir quelque chose. En général il ne souriait que pour lui, malgré lui, ou pour Elisaveta. La seule et l'unique ayant un jour fai battre son cœur à une cadence accelérée, la seule et l'unique ayant partagé son lit, la seule et l'unique à avoir été sa partenaire.

- Le voyage a du être rude, je suis désolé de voir avoir imposé cela. Sinon avez vous des nouvelles ? Des Italiens peut être ? Ou alors désirez vous que je vous parle de ma vie ici ?

Il était inhabituellement expansif. Entre ce sourire qui n'était qu'offert, au prix de sa ligne de conduite habituelle, et un ton de voix qui se voulait quelque peu plus enjoué que d'ordinaire, Roderich montrait qu'en réalité tout cela lui avait manqué. Qu'avoir un ami était important au fond. Qu'Antonio était important. Qu'Empire u Rebelles c'était des conneries ça ne comptait pas, Evander ne pourrait jamais détruire les nations, et tant que l'on restait uni on était invincible. Alors que la méfiance se dissipait, le bonheur de ce moment se répandait à lui en une douce quiétude. Il savait maintenant que son isolement avait trop duré. Sans doute repartirait il avec l'espagnol après tout. Du moins jusqu'à un certain point, pour qu'il puisse repartir dans la vie, aller plus loin ses attaches de glaces fondues. Il ne le disait pas à voix hautes mais tout en lui l'exprimait

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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   27/1/2015, 20:20







 ♦ Viaje de Hiverno  ♦
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Son ventre gargouilla un peu plus encore quand l'odeur des délicieuses pâtisseries vinrent à atteindre ses narines. Il inspira longuement, les yeux clos comme pour se concentrer sur la bonne odeur qui flottait dans l'air. Il en salivait déjà. 

C'est quand il entendit des bruits et sentit des mouvements près de lui, qu'il se décida enfin à ouvrir les yeux pour détailler avec des yeux engourdis par la fatigue d'un tel voyage. Il cligna plusieurs fois des yeux éclaircir sa vue et y pu détailler, posés non loin de là, une tasse de chocolat chaud et une assiette remplie de petites pâtisseries, toutes aussi appétissantes les unes que les autres. Il devait dire qu'il n'en espérait pas autant. Un radieux sourire illumina son visage où avait commencé à apparaitre de très légères gelures sur le bout du nez et sur les joues, leur ayant donné une teinte rouge. Il remerciait Dieu, en l'occurrence ici, Roderich de lui avoir apporter un festin pareil même si en réalité, ça n'avait rien de grandiose mais pour l'espagnol, c'était déjà beaucoup. C'est pour lui exprimer sa gratitude qu'il releva le regard, pour adresser son sourire tout à fait satisfait à son ami de longue date. Ce sourire communicatif, rempli de gentillesse et de tendresse qui ne pourrait en aucun cas vous rendre autre chose qu'heureux. Oui car Antonio, malgré la fatigue et la douleur, était heureux. Heureux de retrouver son ami sain et sauf. Heureux de passer du temps avec lui, d'être réuni autour d'un feu en grignotant des petites douceurs. Antonio ne demandait pas mieux, il était aux anges. 

-  En espérant que cela puisse vous rassasier un tant soit peu.

Il l'écouta d'une oreille distraite, alors qu'il se penchait pour attraper sur la table, l'assiette en porcelaine où reposait les pâtisseries qui le narguaient depuis tout à l'heure de leur odeur alléchante et de leur allure si appétissante. L'assiette posée sur ses genoux, c'est armé d'une cuillère en argent qu'il s'attaqua au premier gâteau qui croisa son regard sauvage. C'était tombé sur un mille feuilles au chocolat, visiblement. Il fit craquer le biscuit sec sous le poids de son couvert, sa langue dépassant légèrement de sa bouche et en délecta avec précaution une partie, de quoi bien remplir sa cuillère. Une bouchée qu'il fit fondre sur sa langue longuement pour y savourer le bon goût de sucre et chocolat et le craquant du biscuit. Il écoutait cette fois-ci attentivement Roderich pour bien comprendre ce qu'il était entrain de lui dire. Il fallait le dire, même si il y était maintenant habitué au registre soutenu qu'utilisait son ami, il avait toujours besoin de bien se concentrer pour comprendre. 

- Autrement je ne puis nier que je m'y plaise, mais vous vous y dépérirez. On y est seul et il fait froid dans cette région. Donc, je me vois contrait de vous avouer que bien que le lieu paraisse plaisant.. Je n'y resterait point indéfiniment moi-même. C'est temporaire. 



Il hocha rapidement la tête, la cuillère toujours en bouche qui avait le don de légèrement déformer son sourire indélébile en une grimace plutôt amusante. Il avait d'un idiot par rapport à son ami et certains auraient pu se demander pourquoi étaient-ils des amis aussi proches. 
Certains auraient pu répondre à cette question par le diction "les opposés s'attirent" mais c'était bien plus que ça. Liés par leur histoire commune en particulier par la période Habsbourg, l'autrichien fut l'un des premiers à qui il fit réellement confiance mais par dessus le marché, il fut également un de ses premiers amours. Il eut toujours su que ce n'était pas réciproque mais peu importait pour la nation hispanique. Il était secrètement un modèle même si Antonio n'eut jamais réellement pensé à imiter ou même copier ce dernier. Non, il avait juste un profond respect et admiration devant cet homme qui avait tout ce qu'il n'avait jamais eu. Cette prestance, ce tact, cette façon de parler et de se tenir. Il se disait que, qui sait, dans une autre vie peut être serait-il comme ça. 
Mais plus que cette dimension encore, il était surtout un ami à qui il avait toujours pu tout dire pour en échange de précieux conseils. Il avait le don de le rassurer quand le moral n'y était pas. Il était l'un des rares à également pouvoir détecter de la tristesse derrière ce joyeux sourire qu'il avait le don d'orner en permanence. De mettre le doigt là où ça faisait mal pour au final penser ses blessures cachées au plus profond de lui. C'était pour des gens comme lui qu'il voulait paraitre constamment heureux et diffuser de la joie, un peu de bonheur peut être. Il ne saura certainement jamais remercié tout qu'Autriche avait le don de lui apporter, ou du moins c'est ce à quoi il croyait, mais essayait par tous les moyens de le faire.
 
Perdu dans ses pensées, il réfléchissait à comment avait dû être la vie ici, dans ce petit chalet. Plutôt agréable à ce que Roderich venait de lui dire mais il n'aurait pour sa part, certainement pas supporté la solitude d'un tel endroit. Il fut cependant surpris de le voir ainsi sourire. Pas surpris de dégoût ou intrigué mais plutôt agréablement surpris. Il était rare de le voir sourire. Même si ce n'était qu'un léger rictus sur une visage, cela emplissait le coeur de l'espagnol de joie. Son sourire à son tour s'agrandissait à vu d'oeil. Chez son ami, il était exceptionnel et voir symbolique de le voir sourire. Ça voulait dire qu'il était réellement heureux. Heureux et réconforté de sa présence. Il le connaissait par coeur et il savait. Et ça, c'était la meilleure des récompenses qu'il aurait pu avoir après un tel voyage. Il ne regrettait pas d'être venu. 


- Le voyage a du être rude, je suis désolé de voir avoir imposé cela. Sinon avez vous des nouvelles ? Des Italiens peut être ? Ou alors désirez vous que je vous parle de ma vie ici ? 

Dans un élan de joie, il se pencha, manquant de faire tomber l'assiette en porcelaine par terre avec le mille feuille avec, pour attraper entre ses mains gelées et terriblement abîmées celles délicates de l'autrichien. 

-Oh oui!Parle-moi plutôt de ta vie ici Rodrigo, je suis curieux de savoir ce que tu as bien pu faire pendant tout ce temps!Tu m'as manqué amigo!

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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   29/1/2015, 17:38



Sonne und Mond


« Qui comprend l’humanité recherche la solitude. »







Antonio semblait aux anges. L'expansif espagnol avait jaillit pour saisir ses mains délicates, blanches et longues, aux ongles habituellement impeccables de soin et de propreté. Habituellement, car ici il s'était négligé quelque peu comme en témoignait la fine barbe courant le long de son tout aussi fin visage. Tout était fin en lui, tout était délicat. Il était un homme avec un corps faible et esthétique, une enveloppe charnelle qui lui avait causé des soucis car son apparent manque de ce qui faisait le cliché d'un homme viril déclenchait moqueries et plaisanteries qu'il ne pouvait souffrir. Certes son couple avec la hongroise avait fait s'agiter les langues, car elle possédait la force physique qu'il n'avait point, elle n'avait point ce goût de l'apprêt qu'il possédait. Mais il n'avait que trop entendu sarcasmes sur leur conditions, sur le fait que le rôle du mari et de la femme étaient inversés et autres avanies semblables. La société n'était donc point capable de concevoir qu'un couple pouvait créer son harmonie autrement ! Elles étaient belles toutes ces nations qui s'adonnaient frivolement aux plaisir indifféremment du genre et qui se gaussaient de lui en le traitant de femme lorsqu'il tenait au mieux son rôle de mari. C'était faire preuve de discrimination et d'étroitesse d'esprit que d'attribuer à la femme le désir de l’esthétisme et de la culture et à l'homme le rôle de faire usage de la force de son corps. Chez le lion, animal emblème de bien des nations, le mâle se prélasse tandis que la femelle se bat.

Son regard se porta sur les mains de son vis à vis. Gercées, froides, abîmées, elles avaient souffert de la traversée des monts autrichiens. Espagne était un pays baigné de soleil, qui avait besoin de l'astre du jour pour vivre autant que lui avait besoin de musique pour nourrir son âme. Il était désolé qu'il se soit infligé cela. La peau basanée de la nation ibérique contrastait avec la sienne. Ils étaient des extrêmes. Antonio était source de chaleur, lui de froideur Antonio était expressif lui était impassible, Antonio était affectueux, il acceptait bien peu de personnes dans sa sphère de relation. Mais dans leur jeunesse quelque chose avaient rapprochés ces deux hommes, l'homme de jour et de soleil, l'homme de nuit et de glace, cette ambition folle de devenir maîtres du monde, d'étendre leur influence à travers les nations, de rayonner. Au début se traitant avec une certaine méfiance, un manque d'assurance, ils s'étaient appris et chacun estimant l'autre à sa manière savait anticiper sur ses volontés et états d'âme. Roderich but quelque peu son chocolat avant de répondre, lorsque que ses yeux, améthystes ternes croisaient les émeraudes pétillantes de son vis à vis.

- Je suis arrivé ici deux jours après... Enfin vous savez bien.  

Roderich ne tenait pas à remémorer son cuisant échec, mais c'était incontournable vu que là était le commencement de tout cela. Il passa très vite la dessus, certain qu'Antonio ne lui en tiendrait point rigueur.

- J'avais pour unique compagnie ma jument Pamina. Elle est à l'étable, c'est une brave bête, je l'apprécie beaucoup. Les premiers jours j'ai mis de l'ordre ici. Je suis assez peu sortir, craignant d'être vu au début. L'Empire me cherchant activement je sentait en moi que mon peuple avait à souffrir de ma rébellion, leur souffrance était la mienne et je n'avait pas réellement de force à autre chose. Dès lors que je fus un peu oublié je décidais de me promener plus longuement en montagne. En cette saison la nature hiberne, mais les montagnes ont une beauté solennelle qui fait vibrer mon âme. J'ai un violon ici, alors j'ai eu l'occasion d'en jouer et de composer pour cet instrument. Enfin, vous concevez aisément je suppose que j'aurais bien préféré un piano ou un clavecin mais impossible d'en faire venir un ici. Or cela j'ai écrit. Des choses inutiles, mais cela me vidait l'esprit. J'ai aussi rédigé des correspondances que je n'ai eus l'occasion d'envoyer. J'ai lu tout ce qu'il y a à lire ici, j'ai eu l'occasion de cuisiner et de recevoir a visite de quelques de mes hommes. J'ai également fait du ski, car il est inconcevable de passer du temps en montagne sans m’exercer à ce sport. Le seul dans lequel je puis exceller somme toute, dirait on.

Son sourire était amusé à cette remarque. Il lui arrivait lorsqu'il se sentait à l'aise de faire de l'autodérision, et cette autodérision l' amusait. Roderich avait conscience de bien des choses le concernant, choses qu'il pouvait nier lorsqu'elle en était trop dérangeantes ou traiter avec dérision. Il se considérait lui même comme moins dur et strict qu'Allemagne. Il posa sa tasse. Son regard se tournaient vers la porte menant à l'étable on des bruits de mouvement se faisaient entendre.

- Pamina semble s'agiter. Si cela ne vous dérange point je vais voir ce qu'elle a. 

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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   14/2/2015, 14:39







 ♦ Viaje de Hiverno  ♦
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Antonio était tout ouï d'entendre son ami lui conter sa vie ici. Ses yeux pétillaient de curiosité et un sourire béas reposait sur son visage. Il l'écouta et remarqua bien qu'il ne s'était absolument pas étalé sur le pourquoi d'un tel exil. Mais il n'allait pas en tenir rigueur et lui faire remarquer parce qu'après tout, il était normal qu'un accident pareil soit encore tout fraîchement douloureux. Et il n'était pas du tout du genre à vouloir enfoncer le couteau dans la plaie ou encore vouloir le mettre dans l'embarras, loin de là. De toute manière, il en avait sa claque de cette histoire de Rebelles et d'Empire. Il ne voulait même plus en entendre parler ou en tout cas pas quand il passait du bon temps avec son ami. Cette affaire ne faisait que diviser les gens un peu plus dans des idéaux qu'il trouvait stupide. Et ça, l'espagnol ne comprenait pas et il avait du mal à le supporter. Son pays avait beau être baigné du même soleil qui lui procurait cet entrain constant, lui même ne ressentait plus cette joie d'antan qu'il lui avait toujours provoqué. Il n'arrivait même plus à parler de son pays en bien. Son pays. Son pays qui allait bientôt disparaître, unifié avec les autres pour ne faire du monde entier, qu'un Empire sous la direction d'un enfant. Eux-mêmes allaient mourir. Comme de simples humains que les humains eux-mêmes allaient bien finir par oublier. Peut être que l'Empire allait rester ainsi jusqu'à la nuit de temps. Impossible. De ses plus de 2000 ans d'existence, Tonio avait au moins pu remarquer une chose; le monde est et sera toujours en perpétuel mouvement et jamais il ne se stabilisera à un stade. C'est aussi pour ça qu'il voulait continuer à vivre, lui et son pays. Il voulait voir comment tout ceci allait évoluer dans le temps et tout faire pour que l'Espagne s'améliore et retrouve sa puissance comme au temps d'Habsbourg. Il aurait tout fait pour le bien de son pays, tout, si seulement il savait quoi faire.

Perdu dans ses pensées, il eut un petit clignement d'yeux bien distincts, comme-ci il venait tout juste de se réveiller en pleine conversation. Un peu troublé, les sourcils froncés et ses yeux suivants leurs plissements, il continuait cependant d'orner cet éternel sourire.

Il entendit lui aussi de l'agitation dehors et c'est avec un éclair au café entre les dents qu'il turna la tête de droite à gauche pour trouver l'origine de ce bruit. Rien de très concluant face à cette observation en soit mais les paroles de Roderich lui indiquaient la source.

-Pamina semble s'agiter. Si cela ne vous dérange point je vais voir ce qu'elle a.

Il approuva fortement l'idée d'un rapide hochement de tête, la tapisserie qu'il avait en bouche suivant le mouvement, manquant de se scier en deux. Pamela?C'était donc la brave bête qu'il avait pu apercevoir à l'entrée au chaud dans son box?Il ne savait pas exactement de quel animal il s'agissait mais par déduction de ce qu'il pouvait connaitre des goûts de son ami, il devina un cheval. Et vu le prénom, une jument.

Et il ne put s'empêcher d'exprimer une once de curiosité. Antonio avait toujours adoré les animaux, ce n'était même pas un secret. Il en avait beaucoup chez lui, bien que Romano le lui reprochait souvent. Il possédait d'ailleurs depuis peu un haras abritant des chevaux de toutes les horizons. Et c'est dans sa demeure principale, à Seville qu'il avait lui-même installé et réarrangé une salle entière rien que pour sa collection de tortue. Il aimait d'ailleurs y rester des heures entières à méditer, et y trouver repos comme nul part ailleurs. Un jour, il devrait montrer cette endroit à Roderich, il était persuadé qu'il allait aimé. Tout ça pour montrer combien son amour et sa fascination pour les animaux étaient grands. Alors voir Pamina ne pouvait que l’intéresser.

Il se releva d'un bond, malgré ses jambes tremblantes de fatigue, visiblement tout excité et fit mine de se dépoussiérer le pantalon. C'est son éclair entre les dents qu'il gazouilla joyeusement:

-Je t'accompagne!



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MessageSujet: Re: Der Winterreise [espagne]   20/2/2015, 00:07



Mut 


« Qui comprend l’humanité recherche la solitude. »







Il se leva donc sans attendre. Roderich ne voulait pas que l'espagnol se fatigue inutilement, il lui aurait bien dit de rester sur le canapé, mais cela semblait faire plaisir à Antonio de venir. En ces jours sombres ils étaient tous faibles, rebelles comme partisans de l'Empire, les rebelles car ils avaient à lutter contre les forces impériales, sentant la souffrance de leur terre et leur peuple et les partisans de l'Empire car leur essence de nation s'amoindrissait, se réduisait et s'échappait d'eux. Roderich vérifia que son vis à vis allait bien d'un regard en arrière et ouvrit ce qui actuellement servait d'écurie. La jument cessa de frapper contre la porte de son box et vint voit son maître qui flatta son encolure avec soin. C'était une bête robuste, avec une robe unie et soyeuse, probablement de race. Roderich se montrait soigneux avec elle et attentionné.

- Voila, je suis la ma belle, tout va bien... 

L'autrichien semblait ici trancher avec son habituelle froideur car il n'avait pas de rôle à tenir. Il s'était beaucoup laissé allé et avait besoin de nouveau, comme d'oxygène, de compagnie et de gentillesse à son égard. La jument, hénit doucement pour attirer son attention sur la porte fermée du box, le fait qu'elle soit coincée ici et qu'elle souhaitait sortir. Autriche aurait bien a=ouvert si Antonio n'avait point été la. Il ne voulait pas que le méditerranéen ait froid. Cependant, il l'invita à venir s'approcher de la brave bête d'un signe de main, sachant qu'il aimait les chevaux. Après tout, quelques siècles de vie commune enseignent bien des choses.

Se tenant à coté, la jument n'avait pas peur et ainsi elle et l'espagnol pouvaient faire connaissance. Roderich les observait curieux de voir ce que donnerait la rencontre de ces deux être qui l'avaient aidé un moment ou l'autre dans leur vie. Puis, il vit l'état déplorable de son ami et lui dit d'une voix calme, espérant qu'il acquiesce à ses demandes.

- Vous me paraissez harassé Antonio. Allez vous reposez, demain vous m'accompagnerez, nous rentrerons à Vienne. Si vous désirez regagner Madrid nous pourrons faire affréter un navire de la bas.

Il le laissa donc rentrer dans l'habitation, restant lui même dans le box. Son regard signifiait amplement qu'il ne vallait mieux pas contrarier ses attentes. Il ouvrit la porte du box pour que la jument sorte un peu et il suivit, dans la neige. Pour voir une dernière fois dans leur ensemble ses montagnes avant son retour à Vienne...


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